Un cadeau, de moi à moi...

Un cadeau, de moi à moi... - Travis Carpenter

Dès le moment où j’avais réussi mon entretien d’embauche dans une grande société d’édition, je me fis la promesse que ma vie allait changer. Et que parmi tous les changements prévus, le premier allait être l’acquisition d’une belle voiture. Je conduisais déjà une petite Fiat, mais je me voyais un peu plus, au volant d’une Range Rover, ou d’une BMW  X6. Et si au départ, j’avais pensé épargner dans ce but, je me rendis vite compte, qu’à ce rythme-là, il m’aurait fallu des années avant de pouvoir réaliser mon rêve. Trop impatient, je décidais donc de chercher une autre solution. Par coïncidence, un ami qui venait justement de contracter un prêt à la banque, me parla des modalités et des avantages de cette démarche. Vivement intéressé et ayant vu là un excellent moyen de résoudre mon problème, je me suis donc mis à me documenter, et je pris rendez-vous avec mon gestionnaire de compte.

Mon rêve à portée de main

L’entretien, qui a duré plus d’une demi-heure, et pendant laquelle, mon banquier m’exposa toutes les conditions pour l’obtention d’un prêt, la procédure à suivre et la façon dont se déroulerait ensuite, le remboursement. Je n’étais pas vraiment habitué à tout cela, mais je m’efforçais quand même, de rester concentré, de peur de manquer une information importante. J’avais vingt-six ans à ce moment-là, mais c’était bien la première fois que je me sentais aussi adulte. Donc, quand je me suis mis à réaliser qu’il n’y avait pour moi, aucun obstacle par rapport à l’obtention de cet argent, et que les démarches allaient même être assez simples, j’eus envie de sauter sur place, comme un enfant à qui l’on venait de donner un bonbon. Mon sourire n’échappa pas à l’homme qui était assis en face de moi, et il réussit à me convaincre, en me racontant que sa femme, elle, avait effectué un prêt, juste pour pouvoir se payer un traitement des varices qui s’était avéré assez onéreux, et avait utilisé le reste de l’argent pour refaire sa garde-robe.

Quand les vœux se réalisent

Pendant quelques jours, je fis des va-et-vient à la banque pour monter mon dossier, puis vint le moment où il fallait faire preuve de patience. Le directeur m’avait promis de m’appeler dès qu’il saurait si le prêt avait été accordé ou non, mais comme il ne put me donner de délai exact, je restais collé à mon téléphone, nerveux et impatient, d’autant plus, que j’avais déjà trouvé la voiture que je voulais. J’attendais tellement cet appel, que lorsque le téléphone sonna enfin, je me suis mis à sursauter. Tremblant, je reconnus au bout du fil la voix du directeur. Ce dernier m’annonça avec une voix dynamique, que la somme que j’avais demandée était déjà disponible sur mon compte, et que j’allais pouvoir acheter mon 4X4. Le remerciant une centaine de fois, je poussais un cri de joie à la fin de l’appel, et dans la même semaine, me pavanais fièrement au volant de mon tout nouveau Range Rover.