Comment j’ai vendu la voiture de mon père

La plupart des gens, quand ils perdent un proche, prennent grand soin des objets qui leur font rappeler cet être cher. Dans mon cas, c’est tout le contraire. J’ai vu mon père souffrir durant terriblement avant de mourir. Après son départ, mon réflexe a été de me séparer de tout ce qui me le rappelait, à commencer par sa voiture : une Ford Mustang noire. Cette magnifique voiture, je le lui avais offert pour son soixantième anniversaire, il y a trois ans.

Les heures agréables s’envolent vite

J’étais donc décidé à vendre la voiture avec laquelle, mon père, entre hommes, nous avions l’habitude de rouler des centaines de kilomètres. On n’avait pas vraiment de destinations précises lorsqu’on se retrouvait. On roulait seulement juste pour le plaisir. Puis, c’était aussi l’occasion pour moi de sortir de mes piles de dossiers de planification financiere personnelle St-Lambert. D’autant que mon travail ne me permettait pas de voir mon père souvent. Je pense bien qu’on aurait pu faire le tour de tout le Canada, voire de toute l’Amérique du Nord avec cette Mustang. Mais mon père n’est plus là, et je n’avais plus de raison de garder la voiture.

J’étais sûr de le regretter, mais je l’ai quand même fait

Je m’attendais à tirer le meilleur parti de la vente de cette voiture. Car il a beaucoup d’atouts : non seulement le kilométrage est bas, mais elle n’a que trois ans d’utilisation. C’est un modèle récent, doté d’options technologiques dignes d’une Mustang : GPS, air climatisé, caméra de marche arrière, évitement des obstacles, etc. Malgré tout, je n’ai pas foncé tête baissée. J’ai fait appel à un photographe professionnel pour les photos. Ma femme m’a donné un coup de pouce pour la description sur les sites d’annonces. N’étant pas pressé, j’avais proposé la voiture à prix cassé. Mais je me trompais lourdement. Car la Mustang coûte cher, même si elle est d’occasion.

Parfois, il faut aussi miser sur la chance

Combien le hasard fait bien les choses, exactement au moment où on s’attend le moins. Je m’étais résolu à ne plus vendre la voiture, quand une vieille connaissance m’a contacté. Elle me disait qu’elle pouvait me mettre en relation avec un client potentiel. Mais celui-ci, paraît-il, ne faisait pas confiance à des inconnus. Alors j’ai laissé carte blanche à mon ami pour négocier le prix. Finalement, la vente a été conclue au bout de six jours.